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Quels sont les enjeux liés au genre vécus par les femmes proches aidantes ? Comment le genre influence-t-il la situation financière des femmes âgées ? Comment s’explique l’espérance de vie plus élevée des femmes par rapport aux hommes ? Pourquoi y a-t-il plus de femmes âgées célibataires que d’hommes ? Quels sont les avantages de vieillir au féminin ? La réponse à ces questions et bien plus dans l’article qui suit !

C’est bien connu, l’espérance de vie des femmes est plus élevée que celle des hommes. En 2015, 51 % des individus de plus de 65 ans étaient représentés par la gent féminine contre 49 % par la gent masculine. Cet écart tend à s’accroitre avec l’avancement en âge. Ainsi, on remarque qu’un peu plus de 60 % de la population âgée est représentée par des femmes chez les 85 ans et plus et près de 90 % chez les centenaires. Plusieurs éléments parviennent à expliquer cet écart au niveau de l’espérance de vie. En effet, les femmes auraient tout d’abord un avantage biologique au niveau des chromosomes. Ensuite, elles adopteraient des comportements plus favorables à la santé et auraient un rapport moins complexe à la médecine que les hommes. Finalement, les femmes démontreraient une meilleure adaptation au stress et une meilleure capacité de résilience face aux épreuves de la vie. Bien que l’espérance de vie soit en faveur des femmes, elle contribue à son lot d’enjeux.

D’une part, le veuvage est une réalité vécue par une majorité de femmes. L’espérance de vie plus élevée chez les femmes fait en sorte qu’elles survivent bien souvent au conjoint. D’une autre part, la maladie chez le conjoint est une réalité partagée par plusieurs d’entre elles qui leur impose le rôle de proche aidante. En effet, en continuité avec le rôle maternelle que la féminité représente tout au long de la vie, le rôle de preneuse de soins vient avec des attentes particulièrement élevées que la conjointe s’impose elle-même ou qui proviennent de l’environnement. Cette dynamique est souvent associée avec un niveau de stress plus élevé. Parfois, elles doivent également jongler avec le souhait tacite du conjoint de demeurer le chef de maison malgré sa condition. Les conjointes proches aidantes s’attendent à peu de reconnaissance de la part de leur partenaire puisque les tâches sont bien souvent en continuité avec celles qu’elles faisaient auparavant. En ce qui a trait à la vie sexuelle, le fait de s’occuper physiquement du conjoint peut donner l’impression à la femme qu’elle se retrouve dans une relation « mère-enfant » avec le partenaire plutôt que dans le rôle de conjointe ou d’amante. Ce phénomène serait associé à une diminution de l’intérêt de s’engager dans des activités sexuelles.

Suite au décès d’un conjoint, d’un divorce ou d’une séparation se présente un autre enjeu vécu par beaucoup de femmes avec l’avancement en âge ; le célibat. Bien que plusieurs femmes éprouvent le désir de s’engager dans une nouvelle relation, la recherche de partenaire se révèle ardue. En effet, on remarque un plus haut taux de célibat chez les femmes âgées que chez leur homologue masculin. Cela est principalement dû à deux facteurs non négligeables. Comme il a été mentionné plus tôt, l’espérance de vie des femmes plus élevée fait en sorte que le bassin d’hommes éligibles tend à diminuer avec le temps. De plus, la tendance des hommes à vouloir se trouver une partenaire plus jeune fait en sorte que même s’il existe des candidats potentiels, ceux-ci seront moins réceptifs.

Finalement, on observe une féminisation de la pauvreté avec l’avancement en âge. Bien que le taux de personnes aînées vivant avec un faible revenu tend à diminuer avec les années, on observe qu’il demeure plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Ce phénomène est partiellement expliqué par les inégalités salariales qui sont bien souvent une réalité vécue par une majorité de femmes. Comme les pensions de retraite sont calculées en fonction du revenu d’emplois et ne prennent pas en compte le travail non rémunéré (travail en tant que proche aidante, éducation des enfants, entretien ménager, etc.) et ses impacts sur la vie des travailleuses, celles-ci reçoivent des montants d’argent moins élevés que leur homologue masculin. En 2013, le revenu médian des femmes âgées (avant impôts) représentait environ 67 % du revenu médian des hommes. 

Le vieillissement au féminin est cependant accompagné de forces qui lui sont propres. Ayant bien souvent entretenu des liens sociaux forts tout au long de leur vie, les femmes se révèlent mieux entourées à l’âge avancé. En effet, on remarque qu’elles ont un cercle amical et familial plus complexe que celui des hommes âgés. C’est un avantage non négligeable qui permet d’avoir un bon réseau de soutien et d’éviter l’isolement. De plus, la réalité des femmes âgées d’aujourd’hui est bien autre que les femmes les ayant précédées. En effet, elles ont vécu sur le marché du travail et elles sont davantage présentes dans la sphère publique. Pour plusieurs, l’étape de la vieillesse est vue comme une opportunité de s’engager dans diverses activités. Que ce soit auprès de leurs proches, dans des associations, dans le travail, les études, la vie politique ou démocratique de leur quartier ou communauté, elles restent actives dans divers secteurs de la vie sociale. Tout au long de leur vie, les femmes contribuent de manière engagée à la communauté.

Sources :

  • Arber, S., Andersson, L., et Hoff, A. (2007). Changing approaches to gender and ageing: Introduction.
  • Arber, S., Davidson, K., & Ginn, J. (2003). Gender and ageing: Changing roles and relationships: Changing roles and relationships. McGraw-Hill Education (UK).
  • Calasanti, T. (2010). Gender relations and applied research on aging. The Gerontologist, 50(6), 720-734.
  • Charpentier, M., Guberman, N., Billette, V., Lavoie, J. P., Grenier, A., et Olazabal, I. (2000). Vieillir au pluriel (Vol. 47). PUQ.
  • Hudon, T et Milan, A. (2016). Femmes au Canada ; rapport statistique fondé sur le sexe. Statistique Canada. Récupéré de https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/89-503-x/2015001/article/14316-fra.htm