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Quel est l’impact de l’arrêt de la production d’œstrogène sur la sexualité ? Comment la diminution de production de testostérone influence-t-elle l’intimité ? Comment pallier les répercussions du vieillissement sur la fonction sexuelle ? Les réponses à toutes ces questions et bien plus dans l’article qui suit !

La sexualité est portée à changer avec le temps. Effectivement, toutes les modifications corporelles accompagnant l’avancement en âge n’épargnent certainement pas la sphère de l’intimité et il importe d’apprendre à vivre avec les effets du temps sur le corps. Tout d’abord, l’altération des systèmes nerveux et vasculaires a un impact sur plusieurs structures ayant un rôle à jouer dans le déclenchement de l’excitation. En gros, les informations sensorielles qui permettent l’excitation voyagent moins vite dans le corps ce qui ralentit la réponse sexuelle subséquente. Entre autres, la diminution de la perception du goût et des sons, qui peuvent être érogènes selon les situations, affecte relativement l’excitation. Par chance, on peut compter sur nos autres sens, comme la vue par exemple, pour pallier cette difficulté. De plus, il est également démontré que le niveau du seuil pour atteindre l’excitation tend à augmenter avec le temps et que, par conséquent, le déclenchement de l’excitation peut aussi être retardé. Cela veut dire que bien que la réaction sexuelle soit toujours présente, elle se retrouve décalée par rapport à l’excitation mentale. Il suffit de prendre le temps nécessaire pour y parvenir.

Pour les femmes, l’arrêt de la production d’hormones sexuelles (œstrogène) au moment de la ménopause affecte particulièrement les relations sexuelles. Voyez-vous, l’œstrogène joue un grand rôle dans l’hydratation des voies vaginales qui est essentielle à la lubrification lors de l’excitation. Les femmes peuvent ainsi ressentir des inconforts ou des douleurs lors des rencontres intimes. À cet effet, le lubrifiant est un excellent moyen de pallier cette sécheresse. Au même titre, le fait de prendre son temps et de ralentir le rythme sont également relevés par plusieurs femmes comme moyens pour surmonter cette difficulté puisque la lubrification ne disparaît pas ; elle prend simplement plus de temps avant de se produire.

Pour les hommes, les changements hormonaux sont vécus de manière beaucoup plus progressive. En effet, la production de la testostérone n’arrête pas brutalement à un certain âge, elle diminue graduellement avec les années. Cette fluctuation, bien qu’elle s’étende sur plusieurs années, a néanmoins une influence négative sur le développement des tissus, et par le fait même, sur la réceptivité sexuelle, l’excitation et la capacité d’atteindre l’orgasme. Il est cependant démontré que l’intérêt (ou le désintérêt) envers la sexualité du/de la partenaire aurait une plus grande part à jouer dans la réponse sexuelle masculine que la diminution en tant que telle de la testostérone.

En ce qui trait aux difficultés à atteindre l’orgasme, elles affectent davantage les hommes que les femmes. Ces difficultés se traduisent, chez l’homme comme chez la femme, par un retard pour atteindre l’orgasme qui peut prendre plus de temps avant de se manifester. De plus, chez l’homme, la période réfractaire s’allonge. La période réfractaire désigne le laps de temps où il est impossible d’atteindre un orgasme à la suite d’une première jouissance. Cette période tend à s’allonger si l’homme n’a pas de rapport sexuel, seul ou avec un/une partenaire, sur une longue période. Encore une fois, il faut s’armer de patience, mais l’attente en vaut le coup !

Avec le vieillissement vient parfois la maladie. Comme le pénis est un organe qui dépend d’une bonne fonction nerveuse, vasculaire et musculaire, les maladies chroniques (diabète, hypertension, maladie cardiovasculaire et syndrome métabolique) et leurs traitements ont donc inévitablement des effets néfastes sur la fonction sexuelle. On remarque chez les hommes ayant l’une de ces problématiques une plus grande proportion de difficultés érectiles. Il est à noter que le tabagisme et l’obésité ont également été associés à cette problématique. Dans certains cas, quelques options sont offertes pour pallier cette problématique. Il est important de parler à son médecin pour déterminer ce qu’il est possible de faire et ce qui convient le mieux aux différentes situations.  

Finalement, la mobilité peut également être affectée par le vieillissement. Les douleurs articulaires peuvent faire obstacle à l’expression de votre sexualité. Il est tout à fait possible que vous ne soyez plus en mesure d’effectuer les mêmes acrobaties qu’il y a vingt ou trente ans ! C’est une nouvelle réalité que l’on doit accepter, mais qui ouvre la porte à de nouvelles pratiques. Que l’on soit seul ou avec un/une partenaire, il importe de trouver des moyens pour rendre l’expérience la plus confortable possible.       

Source :

  • Colson, M. H. (2012). Sexualité et pathologies du vieillissement chez les hommes et les femmes âgés. Gérontologie et société, 35 (1), 109-130.

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